Live from Nagoya #Week2 D1: un optimisme ambiant, mais pour combien de temps?

octobre 26, 2010 at 11:54 Laisser un commentaire

(Par Sandrine Bélier – MEP Europe Ecologie / Greens-EFA) Alors que débute la deuxième semaine de négociations, le sentiment qui prévaut ce lundi est l’«optimisme». La Commission européenne et certaines ONG n’hésitent pas à dire que les négociations – qui se prolongent souvent tard dans la nuit – avancent et qu’elle pourraient aboutir à un accord d’ici la fin de semaine. L’optimisme tient donc dans l’espoir que ce sommet pour la biodiversité se conclut sur un nouvel accord international. Mais quel sera le contenu réel de cet accord ? La question est à l’heure actuelle toujours en suspens.

Négociations au premier jour de la seconde semaine…
Cet optimisme général pourrait bien se diluer dans la recherche d’un consensus à tout prix. Quand on regarde de plus près les textes posés sur la table, nous avons encore des raisons d’être inquiets sur l’issue de ces négociations. Actuellement, quelques projets de décisions ont bien avancé : «décennie des Nations Unies pour la diversité biologique 2011-2020»; plan d’action pluriannuel pour la coopération Sud-Sud dans le domaine de la biodiversité pour le développement; transfert de technologie et coopération; mise à jour consolidée de la stratégie mondiale pour la conservation des plantes; mécanismes destinés à promouvoir la participation effective des communautés autochtones et locales aux travaux de la Convention; communication, éducation et sensibilisation du public….

Toutefois, si 10 des 20 objectifs du futur Plan Stratégique seraient en passe d’être finalisés, leur ambition se restreint malheureusement et le doute quant à leur efficience reste entier. Ces objectifs pourraient bien en réalité ne plus constituer que de grandes déclarations d’intentions. Par exemple, l’objectif sur l’arrêt des subventions nocives pour l’environnement est particulièrement flagrant. Le texte actuel énonce, après négociations: «D’ici 2020 au plus tard, les mesures, y compris les subventions, nocives pour la biodiversité sont éliminées, progressivement retirées ou réformées pour minimiser ou éviter les impacts négatifs et les mesures positives pour la conservation ou l’utilisation durable de la biodiversité sont développées ou appliquées, en prenant en compte les conditions socio-économique nationales». En résumé, plus rien de contraignant sur la bioconditionnalité : chacun est libre de responsabiliser ses pratiques ou non, sur la base de critères imprécis. Et les objectifs concernant les dispositions sur les politiques de gestion forestière, la pêche, le pourcentage d’espaces protégés et l’intégration de la biodiversité dans les comptes nationaux ne font pas partie des objectifs sur lesquels un accord est en vue.

Quant au Protocole ABS, les négociations avancent lentement en raison du blocage de certains Etats comme le Canada qui s’oppose à la question cruciale de la transparence. Cet élément est pourtant un point fondamental pour l’Union Européenne (Parlement européen et Conseil). Il s’agit du seul garde-fou pour que ce protocole ne soit pas détourné de son esprit initial de solidarité et géré, de fait, par des Etats ou des acteurs privés aux motivations douteuses.

Enfin, concernant la mobilisation des ressources financières, certains Etats membres de l’UE bloquent la négociation (Italie, Pays-Bas, Pologne…). Les rumeurs font état d’un possible accord sur le processus (collecte de données etc..) aboutissant éventuellement à un accord chiffré à Rio+20 en 2012.

Les parlementaires du monde plus volontaristes pour la biodiversité
Au sein même du Centre de conférences de la COP 10, l’organisation GLOBE (qui réunit les parlementaires du monde entier) a tenu un Forum sur la valorisation du capital naturel et de son intégration dans l’ensemble des politiques. Tous les participants se sont accordés à dire que le rôle des parlementaires dans la protection de la biodiversité est essentiel.

Les discussions et interpellations au sein des réunions du GLOBE International (Association des parlementaires pour l’environnement) font état d’un esprit plus «optimiste» et plus «volontariste» que celles qui ont court dans les groupes de négociations… peut être de plus de réalisme : ce sont eux qui seront en charge de la transposition des futurs accords internationaux qui seront adoptés lors de ce sommet. Ce sont eux qui seront les premiers en charge de rendre des comptes aux citoyens, sur leurs territoires, aux regard des enjeux liés à la biodiversité… Un sentiment de responsabilité qui grandit au fur et à mesure des discussions et du sentiment d’un certain renoncement de la Communauté internationale à assumer sa responsabilité collective à l’échelle mondiale pour la renvoyer à une responsabilité nationale…

La réussite d’un sommet mondial au détriment de la réussite d’une stratégie mondiale pour la biodiversité ? L’échec d’un système de gouvernance internationale qui renvoie aux volontés et compétences nationales la définition et détermination de réussite d’enjeux qui lient l’avenir de l’humanité… Il nous ne reste donc plus en effet qu’à être et rester «optimistes» sur la poursuite des négociations dans les jours à venir…

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