Europe Ecologie – Les Verts, et après?

octobre 11, 2010 at 3:27 1 commentaire

«Nous entamons une aventure, et n’ignorons pas qu’il est plus facile de reproduire ce qui est connu que d’inventer autre chose. Mais nous savons qu’il faut pour avancer prendre des risques, imaginer, composer et ajuster. Il n’y a lieu ni à craindre ni à espérer, mais de trouver des réponses neuves, et les moyens renouvelés de les réaliser»*

«Changement». Ce mot, qui est dans les esprits de tous les écologistes amenés à se prononcer sur les textes fondateurs d’un nouveau mouvement politique, a été mis à la Une de l’ensemble des médias internationaux lors de la campagne présidentielle d’Obama. Depuis, il a été adopté par toute la classe politique française. L’UMP a fait du changement un axe majeur de sa politique, sans que rien ne change, en mieux du moins. Le PS tente de changer mais peine à renouveler ses pratiques. Le MoDem, quant à lui, nous offre, pour seul changement, la constitution d’un «cabinet fantôme», dont l’unique vocation est de se maintenir en vie pré-électorale. Autant de changements aux allures d’ORTF, loin, très loin, des exigences citoyennes actuelles et de la nécessité de renouveler l’engagement.

André Breton qui déclarait en son temps «Je ne veux pas changer la règle du jeu, je veux changer le jeu» exprime justement l’ambition qui nous guide dans cette phase de construction. Structurer un nouveau mouvement unifié pour fédérer les compétences et bonnes volontés écologistes, mais également générer un nouveau rapport au politique. L’heure de vérité se rapproche, à la veille des assises territoriales et la fermeture du scrutin ce soir, 11 octobre. Saurons-nous être à la hauteur de l’espoir que nous avons suscité, saurons-nous changer le jeu ?

A l’occasion de son discours sur le «21st century statecraft», tenu le 4 octobre devant le « Personal Democracy Forum » de Barcelone, Alec Ross, conseiller à l’innovation au sein du Département d’Etat américain, développait la thèse selon laquelle le monde était partagé entre les partisans de «l’ouvert» et ceux du «fermé». Parfaite métaphore de l’opposition régnant entre logiciels libres, source d’innovation collective, et logiciels propriétaires. Parfaite analogie, aussi, entre des citoyens non plus seulement spectateurs du débat planétaire mais désormais co-acteurs de celui-ci via leur usage d’Internet, et des partis politiques 1.0 sclérosés dans leur rapport hiérarchisé et fermé à la société. «Le problème est là», concluait Alec Ross: «il est aujourd’hui de permettre aux forces de l’ouverture, que nous représentons, nous les geeks, de prendre la haute main sur celles de la fermeture».

Les «geeks» ce sont tous ces citoyens 2.0, interconnectés, usagers du web, qui, au-delà de tout phénomène générationnel, nous apprennent qu’à l’heure du co-working, des réseaux sociaux, de l’information en temps réel, de l’échange permanent via Internet, la politique ne peut plus s’exercer comme hier. Et que le label de «l’élu 2.0» ne suffit à lui seul à faire d’un responsable politique un membre représentatif et respecté de ce nouvel espace de citoyenneté composé de personnes désireuses de participer et contribuer à changer les usages politiques. C’est l’erreur que commettent de nombreux partis : croire qu’utiliser les outils de l’ère digitale suffit à en comprendre le fonctionnement et à en reproduire les pratiques. Quand ils n’ont pas la tentation de vouloir en prendre tout simplement le contrôle ou les mettre sous contrôle. C’est ignorer que Wiki, réseaux sociaux, systèmes de partage en ligne, etc sont bien plus que des outils aujourd’hui. Ce sont des plates formes qui ont en commun une volonté de partage horizontal de connaissances, d’expertises et d’informations, accessibles à tous sans autre barrière d’accès que la volonté de chacun d’y contribuer. Le pas à franchir pour impulser un véritable changement dans nos pratiques politiques et les adapter au monde d’aujourd’hui peut utilement s’inspirer non seulement des outils mais du fonctionnement et de la philosophie du web 2.0.

Dans le contexte du « Processus Constituant » que nous avons engagé avec Europe Ecologie, c’est penser la création d’un mouvement dans l’esprit d’un «open think tank», d’une nouvelle forme de participation politique. C’est une invitation à évoluer vers un Rassemblement non pas fondé, comme ailleurs, sur la verticalité de l’exercice politique mais sur son horizontalité. L’idée novatrice que comporte la proposition d’organisation du nouveau mouvement tient en la considération que chaque citoyen est aujourd’hui un militant au quotidien, qui n’est pas seulement un électeur, mais qui a vocation à être un acteur de valeur, un expert du quotidien, un membre actif dans un nouvel espace politique. Elle s’appuie sur la réalité d’une militance qui est devenue plurielle et multiple, d’une mutation de la pratique militante qui a été aussi rapide que l’évolution du web et la place qu’Internet a pris dans nos vies quotidiennes. C’est notamment cette réalité qui nous a conduit à imaginer l’évolution de la structure politique, de son rôle et de son action. Si nous réussissons, c’est l’ensemble de notre rapport à la politique que nous pourrons contribuer à changer. Une société coopératrice d’initiatives politiques ouverte produit non seulement des ressources intellectuelles susceptibles de changer notre paysage législatif, mais elle est avant tout force de proposition et de renouvellement de notre représentation du politique. Elle est, c’est ma conviction, de nature à faire reculer la désaffection du politique qui s’exprime dans l’abstention et fait la part belle au développement d’une infecte démagogie. Elle est, c’est ma conviction, de nature à redonner du sens à la politique qui n’est plus le fait de quelques élites mais l’affaire de tous.

Difficile, impossible? Certains ne manqueront pas de le dire ou le penser. L’Histoire a ceci de têtu de nous démontrer que les défis incertains, sinon difficiles sont les seuls à impulser et à réussir de véritables changements. L’après 11 octobre fera, je le crois, date dans l’histoire de l’écologie. Ce n’est qu’une nouvelle étape. Au-delà de cette échéance, le véritable défi consistera à impulser, à l’instar de la révolution Internet, une véritable mue de nos pratiques partisanes pour faire date, cette fois, dans l’Histoire politique. Nous Ecologistes Rassemblés, demain plus nombreux qu’hier, avons le pouvoir, de changer la donne !

*extrait du Préambule des statuts du nouveau mouvement de l’écologie politique soumis aux votes des adhérents au processus Europe Ecologie jusqu’au 11 octobre à minuit.

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Un commentaire Add your own

  • 1. le corre  |  octobre 11, 2010 à 3:46

    merci 🙂

    Réponse

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