«Nous devons éviter un simple ravalement de façade des Verts»

août 26, 2010 at 7:54 Laisser un commentaire

Retour dans une longue interview pour le magazine Owni.fr sur ce qui s’est vraiment joué aux journées d’été d’Europe Ecologie, quelques conclusions à l’appui…

(Propos recueillis par Martin Untersinger et Julien Goetz.)

La candidature d’Eva Joly est-elle suffisamment rassembleuse (elle n’est pas familière de la politique nationale, inconnue du grand public…), alors que EE et les Verts ne manquent pourtant pas de noms (Cohn-Bendit, José Bové) ?

Je crois qu’Eva Joly est une bonne candidate. Et je crois qu’elle a, avec son discours et son parcours “éthique” et atypique, les qualités qui sauront séduire les écologistes et au-delà. C’est vrai qu’elle n’a peut-être pas le profil classique de gauche-environnementaliste (comme Daniel Cohn-Bendit et comme ont pu lui reprocher certains militants verts), pour autant elle a montré pendant nos journées d’été que sa candidature recueillait une très large adhésion.

C’est une femme déterminée, sincère et qui intègre les choses très vite. Eva sait et reconnait qu’aujourd’hui elle ne maîtrise pas tous les dossiers d’une présidentielle mais elle a prévu d’aller sur le terrain afin de s’immerger dans les problèmes très concrets au plus près des Français. A la sortie de ces journées d’été, elle n’est pas seule, elle sait qu’elle peut compter sur le soutien et l’expertise de ceux qui ont fait l’aventure d’Europe Écologie aux européennes et après, parmi lesquels José Bové et Daniel Cohn-Bendit, que vous citiez, mais aussi des personnalités « Vertes » comme Cécile Duflot, Dominique Voynet ou encore Noel Mamère. Eva sait qu’elle peut compter sur nous pour porter notre projet collectif. Oui, Eva sait qu’elle peut compter sur moi aussi. Oui, je pense aujourd’hui qu’au sein d’Europe Écologie, elle est la personne qui peut rassembler et réconcilier les français, au-delà même de la sphère classique des écologistes.

La désignation du candidat écologiste pour la présidentielle n’aura lieu que l’année prochaine.

Et nous sommes plusieurs à avoir exprimé notre désir d’organiser des « primaires de l’écologie » au-delà d’Europe Écologie. Ces primaires nous semblent aujourd’hui importantes pour répondre à la question que vous posez : un seul et unique candidat écologiste en 2012, celui qui rassemble et fédère le plus largement possible, est légitimé par les militants et sympathisants du mouvement écologiste et qui pourra porter au mieux l’idéal et le projet de l’écologie politique dans une confrontation présidentielle.

Le positionnement d’Eva Joly en tant que “présidentiable” n’intervient-il pas un peu trop tôt ?

Franchement, je ne sais pas si cela intervient trop tôt. Par rapport à des logiques et stratégies politiques classiques ? Par rapport à des agendas politiques ? En réalité, la question ne s’est pas posée. Les circonstances des affaires gouvernementales, en France ces derniers mois, et notamment l’affaire Woerth nous ont tous particulièrement choqués (des conflits d’intérêts aux attaques envers la liberté de la presse). Naturellement, Eva, familière de ces sujets a immédiatement et largement réagi au nom du rassemblement des écologistes qui l’ont réinstallée dans le débat franco-français.

Nous avions des discussions en interne envisageant qu’Eva puisse être la candidate du mouvement écologiste en 2012 et lui demandant d’y réfléchir, parce qu’elle avait une légitimité à l’être.

Comme la question s’est posée à Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts. Eva a pris le temps de la réflexion qui lui était nécessaire, elle en a discuté avec les uns et les autres et notamment avec Cécile et Dany. Dès lors qu’elle s’est sentie prête et l’envie de se porter candidate, elle l’a simplement exprimé, plutôt que de minauder. En réalité, nous n’en sommes que là.

Alors est-ce que cela intervient un peu trop tôt, ce n’est pas une question que je me pose, je ne pense pas que ce soit la question qui a occupé les esprits pendant les journées d’été des écologistes. C’est bien qu’elle l’ait fait et notamment dans cette phase de construction du rassemblement des écologistes. C’est bien qu’à Nantes, l’accueil fait à sa candidature fasse écho au désir des uns et des autres du succès de la poursuite de la dynamique du rassemblement Europe Écologie. C’est bien que ne soit pas entretenue une éventuelle opposition entre une candidate verte et une candidate Europe Écologie. Nous sommes dans un processus de construction d’un nouveau mouvement pour une nouvelle offre politique qui s’appuie sur une vision de société qui n’est aujourd’hui portée par aucun des partis traditionnels français.

En novembre nous nous réunissons à Lyon pour les Assises constituantes du mouvement des écologistes unifiés, notre programme « 2012-2017 » avance, et notre candidat(e) pour la présidentielle de 2012 sera à l’ordre du jour début 2011. Notre objectif partagé est de bénéficier d’un espace maximum pour le débat avec les citoyens sur le projet écologiste au gouvernement avant l’échéance électorale. Bref on avance à notre rythme.

Comment voyez-vous l’avenir de Daniel Cohn-Bendit au sein du mouvement, lui qui a quitté prématurément les journées d’été, qui plaide pour un rassemblement plus large (jusqu’au centre), et qui conteste le positionnement actuel ?

Dany n’a pas quitté prématurément les journées d’été, c’était prévu et tout le monde en était informé. Si Dany n’était pas là pour les discours de clôture, c’est qu’il s’était engagé à aller soutenir une candidate écologiste à la présidentielle… au Brésil.

Ensuite, le rassemblement des écologistes c’est avec Daniel Cohn-Bendit. Il a œuvré, sans aucun ménagement, depuis le printemps 2008, au rassemblement des Verts, Cap 21, MEI, associatifs, militants de tous bords… Dany, candidat écologiste à la présidentielle de 2012 : il ne veut pas, c’est son choix et j’espère qu’il sera notre candidat à la Présidence du Parlement Européen en 2011…

Co-président avec Cécile Duflot du mouvement unifié : il ne veut pas, il est très heureux dans sa co-présidence du groupe des écologistes européens avec Rébecca Harms, c’est son choix. Il trouve débile d’être Président d’honneur du nouveau mouvement des écologistes, c’est son choix mais je ne désespère pas qu’il change d’avis sur ce dernier point. Ça c’est pour répondre à la question classiquement en fonction de postes personnifiés au sein d’un mouvement politique. Mais nous avons d’autres ambitions qui ne se résument pas à des postes par rapport à des personnes, mais plutôt dans la définition de fonctions et de responsabilités (non encore définies) d’une équipe de direction exécutive efficace et effective dont il appartiendra aux adhérents du mouvement de définir les personnes les plus à même de les assumer.

Ma conviction est que la poursuite et la réussite du rassemblement et du projet politique des écologistes ne se fera pas sans Dany. Il participe au respect d’un certain nombre de principes dont s’est doté Europe Écologie à sa construction: l’équilibre, l’efficacité et l’ouverture.

Ce qui l’a mis hors de lui aux journées d’été, c’est quand on a commencé à parler de ticket Eva-Cécile qui ressemblait à un deal de jeux de personnalisation et de sauvegarde d’acquis qui ne correspondent pas à ce qu’il souhaite. Et, il a raison, le rassemblement est loin d’être terminé et nous devons veiller à éviter la fermeture de son périmètre :

Nous devons veiller à éviter un simple ravalement de façade des Verts dont personne ne serait dupe.

Dans son discours en plénière il a rappelé l’importance que notre mouvement reste ouvert, que jamais il ne se replie et que l’on ait toujours cette obligation de se porter vers l’extérieur pour convaincre que notre projet répond aux préoccupations des Français sur l’emploi, sur l’éducation, sur la crise écologique (climat et biodiversité), la sécurité, les retraites, d’inscrire nos politiques dans la dimension européenne, etc. Toujours et encore largement ouvert, c’est ce que porte Dany, avec sa manière bien à lui d’exprimer les choses comme il les pense, au moment ou il les pense sans calcul, avec juste la volonté que ca marche. L’avenir, dans la continuité, d’Europe Écologie ne sera pas sans Daniel Cohn-Bendit, c’est une certitude.

Des assises se tiendront en novembre, êtes vous optimiste quant à une unification cohérente et stable dans l’optique de 2012 ?

On avance et je suis par nature plutôt optimiste. À la sortie des journées d’été, j’ai à la fois le sentiment qu’est partagée par le plus grand nombre la volonté de constituer une « structure unifiée », que le Parti-réseau ou le principe de la fédération sont maintenant écartés. Le travail de synthèse qui a été réalisé pendant 3 jours de l’ensemble des contributions (courriers, internet et conventions régionales) lancé le 22 mars 2010 a été fidèlement traité pour en ressortir les points de convergences qui nous permettront de construire la futur structure au plus près des attentes exprimés par les citoyens qui ont adhéré au processus de construction d’Europe Écologie (Comité éthique ; Charte éthique opposable ; respect des principes de parité femme-homme, de non cumul des mandats ; fondation… etc.).

Si nous sommes tous d’accord pour une fusion des Verts avec Europe Écologie, tout n’est pas réglé.

Les prochains mois et semaines vont être chargés en clarification pour permettre d’aboutir à un texte fondateur dans lequel chacun pourra reconnaitre son envie de se réinvestir dans la chose/vie publique et réoccuper massivement le terrain politique avec les écologistes. La crainte qui subsiste encore en moi et qui ne demande qu’à être écartée est que nous n’aboutissions qu’à une simple rénovation du parti des Verts qui ne tromperait personne et ramènerait l’écologie politique post-2008. Je parlais de ravalement de façade :

Je ne suis aujourd’hui pas totalement rassurée que d’éventuels manœuvriers politicards ou zélés fervents de la politique d’hier ne nous mènent à un échec de cette unification.

… ou ne tentent de maintenir leur appareil et son fonctionnement, de l’adapter à la marge en se contentant de le rebaptiser, ce qui reviendrait à un échec aussi.

La réussite dépend aussi de tous les adhérents aux processus que l’on espère de plus en plus nombreux dans les semaines qui viennent. Le futur nouvel « objet politique » reste encore à préciser, les consultations et l’adoption des deux textes fondateurs (l’un sur l’organisation, l’autre sur les orientations) seront adoptées par l’ensemble des adhérents au processus Europe Écologie, selon un calendrier précis qui a été adopté pendant les journées d’été et qui s’achèvera mi novembre aux Assises Constituantes à Lyon. Le défi sera d’avoir une structure de fonctionnement très ouverte et évolutive.

Il nous reste aussi et encore à préciser les modalités d’adoption. Je suis de ceux qui plaident pour développer les moyens de participations à la construction et au vote le plus largement et démocratiquement possible et donc d’organiser le vote, après des débats au sein des comités locaux Europe Écologie, par internet et voie postale et de renoncer à limiter le débat et le vote dans le cadre d’assemblées générales régionales qui ne permettront pas l’expression du plus grand nombre. Le principe d’une personne/une voix et de territorialisation des débats ont été unanimement plébiscités, il nous appartient au sein de la direction provisoire du mouvement dès la première étape de les rendre effectifs.

Quels enseignements tirez-vous de ces journées d’été ?

Que l’Avenir n’est pas écrit et qu’il s’écrit véritablement au présent et collectivement ! Que tout est possible et qu’il est important de croire encore à l’intelligence collective. Que ce qui fera le succès et ce qui rassemble, c’est la confrontation d’idée dans la construction d’un projet, de mise en commun de nos expériences et savoirs pour construire et mettre en œuvre les mesures qui correspondent à une autre vision du vivre ensemble à laquelle le plus grand nombre aspire. Autour de la construction de notre projet, dans la centaine de forums et d’ateliers, nous n’étions pas toujours tous d’accord, nous n’avons pas tous la même manière d’exprimer les choses, mais nous avions tous envie de sortir de l’impasse dans laquelle nous sommes plongés aujourd’hui, nous avions tous l’envie de construire une vraie alternative aux dérives gouvernementales que nous subissons, nous avions tous envie de passer aux commandes du pouvoir pour que ça change.

Personne n’a quitté un débat en claquant la porte…

Nous étions près de 2000, j’ai croisé des curieux, simples citoyens comme ils m’ont dit, des militants associatifs de longue date, des militants Verts de toujours, d’anciens adhérents du Parti Socialiste, du MODEM ou du Parti Communiste, des militants de CAP 21 (Corinne Lepage a participé à un ateliers et une plénière), du MEI, des syndicalistes, des entrepreneurs, etc… Il y a eu des moments magiques et très riches humainement et intellectuellement pendant ces journées d’été. Alors et même si ce n’est pas gagné pour l’avenir d’Europe Écologie, ni pour l’alternative en 2012, que subsistent des craintes et des doutes, ce qui l’a emporté c’est le sentiment de désir collectivement et majoritairement partagé de gagner tous ensemble le défi de « l’écologie à l’épreuve du pouvoir » qui était le thème de nos journées d’été.

C’est pas forcément de ça dont la presse s’est fait l’écho mais c’est ce que j’ai envie d’en retenir !

Outre les échéances nationales, quel rôle peut jouer la nouvelle organisation écologiste, notamment dans les instances européennes ?

En fait, elle joue déjà son rôle au niveau européen. Pour le dire simplement, aujourd’hui c’est la dynamique européenne qui nous inspire et nous responsabilise particulièrement par rapport à la construction du mouvement en France. Les autres pays d’Europe regardent vers la France depuis le succès des écologistes aux Européennes, ils sont attentifs à notre mouvement…

Cette question mérite à elle seule de très larges développements qui sortent du cadre du retour sur les 4 derniers jours même si forcément pour moi c’est intimement lié dans mon engagement au sein de la construction d’Europe Écologie, en plus de mon mandat d’Euro-députée.

Quels sont à plus court terme les principaux enjeux et combats que va devoir mener le mouvement ?

Pour ne parler que des priorités de la rentrée et des prochains mois et parce qu’un certain nombre de sujets n’attendront pas les échéances de la prochaine présidentielle, nous avons dans notre calendrier : les mobilisations contre la politique de la peur, inefficace et sécuritaire dont la mise en œuvre gouvernementale s’est particulièrement accélérée pendant la période estivale ; la mobilisation pour l’ouverture d’un vrai débat citoyen et report du projet de loi sur les retraites ; la poursuite de demande de clarification sur les affaires Woerth et compagnie ; le lancement de la consultation sur une politique de développement des emplois durables avec des « États généraux de l’emploi et de l’écologie» coordonnés par Pierre Larroutourou ; mobilisation pour l’éducation ; la préparation de la Conférence de Cancun contre le dérèglement climatique qui fait suite à Copenhague…

Pour ce qui me concerne, ma priorité de rentrée, en cette année internationale de la biodiversité, c’est la campagne citoyenne que je coordonne en France et au Parlement européen depuis le début de l’année, dans la perspective du sommet mondial à Nagoya à la mi-octobre pour la biodiversité au cœur d’un nouveau modèle de société, ainsi que le combat pour les libertés numériques et les libertés publiques se poursuit notamment au parlement européen sur le rapport Gallo et ACTA…

Comment les nouveaux rapports de force et une éventuelle organisation interne remaniée vont influencer votre travail sur les dossiers “numériques” qui vous tiennent à cœur (ACTA, neutralité du net…) ?

En fait, aujourd’hui je suis plutôt confiante. Il n’y a pas de raison d’imaginer que notre organisation interne vienne modifier ou influencer mon travail et mes engagements sur les libertés numériques, qui s’inscrivent parfaitement et à plusieurs titres dans l’esprit même et le projet d’Europe Écologie au regard de la réalité du XXIème siècle et de la prise en considération du citoyen-web : libertés numériques, accès au savoir, droits d’auteurs… etc.

On ne va pas se mentir, tout le monde au sein du mouvement n’a pas encore totalement mesuré les enjeux démocratiques, économiques et sociaux, mais le réseau de personnes qui travaille sur le sujet au sein du rassemblement a encore grandi après les ateliers et forums sur le sujet pendant les journées d’été qui ont fait salles combles. Cette question est partie intégrante de notre projet, de ce que nous portons et de la manière dont nous voulons le porter. Je maintiendrai le rapport de force sur ces questions qui au-delà de me tenir à cœur (comme la biodiversité) me semblent juste essentielles et primordiales pour l’avenir et qui doivent s’inscrire de manière transversale dans nos politiques.

Y a-t-il la place pour deux femmes trentenaires dans les nouvelles instances dirigeantes ?

Oui, et même plus. Si la question c’est de savoir si au lendemain des journées d’été et des divers scénarios dont la presse s’est fait l’écho, je devrais me préparer à faire l’objet d’une éviction programmée parce qu’il aurait potentiellement de la concurrence avec Cécile Duflot, aujourd’hui je m’inquiète pas pour ça.

Nous avons des histoires et des parcours différents, des préoccupations personnelles immédiates différentes, des légitimités différentes… Mais nous sommes embarquées sur le même bateau pour le conduire dans la même direction et que nous avons l’obligation de réussir. Ce qui est évident c’est que Cécile Duflot fera partie de la nouvelle direction parce qu’elle a toute la légitimité en tant que secrétaire nationale des Verts et première incarnation du parti au sein d’Europe Écologie. Pour ce qui me concerne, il y a à peine deux ans, j’étais encore à France Nature Environnement, ma désaffection du monde et des pratiques politiques était totale, et si notamment Jean-Paul Besset et Daniel Cohn-Bendit ne m’avaient pas convaincue que je pouvais participer à changer ça, je serai encore à FNE. Ils ne m’avaient pas menti et avec Europe Écologie, j’ai le sentiment de participer avec tous ceux qui se sont engagés à donner une autre saveur à la politique, à contribuer à changer la donne, j’y prends du plaisir et plus que jamais je ne souhaite pas diminuer mon investissement et mon engagement. Le moment des noms n’est pas venu, et la désignation du prochain exécutif sera un exercice collectif de désignation. On verra à ce moment là.

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