Copenhague: «On sent qu’il faut une étape»

décembre 3, 2009 at 3:17 Laisser un commentaire

(ITV Dernières Nouvelles d’Alsace – 3 décembre 2009 – propos recueillis par odile Weiss) La députée européenne Sandrine Bélier (Europe Écologie) sera à Copenhague pour suivre les négociations. Ce sommet, estime-t-elle, ne sera sans doute qu’une étape, certes décisive, sur la voie d’un accord global.

Quels sont les enjeux du sommet de Copenhague ?

Il y en a deux. Il faut que les États s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et qu’ils se mettent d’accord sur des objectifs chiffrés.

Les pays industrialisés, historiquement responsables du réchauffement climatique et de son emballement, doivent également s’engager à aider les pays du Sud. Ces pays doivent pouvoir se développer avec des technologies moins consommatrices de CO2. Il faut également les aider à faire face aux conséquences du réchauffement qui les impactent déjà.

Quels sont les objectifs chiffrés ?

Le GIEC (le groupe d’experts chargé par les Nations unies d’évaluer l’évolution du climat, ndlr) dit qu’il ne faut pas aller au-delà une augmentation globale des températures de 2°. C’est le point de rupture. En deçà de cette hausse, les impacts devraient être encore maîtrisables. Si on ne change rien, les températures augmenteront beaucoup plus. Or une hausse de 3° signifie que les villes côtières se retrouveront sous l’eau, qu’il y aura plus de tempêtes, plus de sécheresses aussi.

Le GIEC dit qu’il faut réduire les émissions de CO2 de 25 à 40 %. Pour l’Union européenne, ce serait plutôt 40 % car ce taux nous garantit de ne pas dépasser les 2°.

En ce qui concerne l’aide aux pays du Sud, le montant dont ils ont besoin pour s’adapter a été estimé à 120 milliards d’euros par an. Ce chiffre a été acté. Le problème aujourd’hui, c’est qui paye quoi, quelle est la part de chacun ?

Tout l’enjeu aujourd’hui est d’arriver à un accord contraignant avec un engagement sur un calendrier et des étapes de contrôle.

– La prise de conscience est-elle suffisante pour y parvenir ?

– J’ai le sentiment que quelque chose a changé dans l’appréhension de cette question, notamment dans la tête des chefs d’État. J’ai du mal à imaginer qu’on ne franchisse pas une étape.

On est à un point de l’histoire où les règles du jeu de notre mode de développement et de production ont changé. Les équilibres géopolitiques vont évoluer. Les migrations vont changer la carte du monde. Personne n’est dupe de ça.

Pensez-vous que le sommet de Copenhague peut être un succès ?

Parvenir à un accord global à Copenhague paraît aujourd’hui un peu délicat. On risque de manquer de temps pour y arriver. En plus, Barack Obama est trop pris par sa réforme du système de santé pour avancer sur cette question.

Aujourd’hui, on sent qu’il faut une étape. Après tout, la résolution du Parlement européen pose le principe d’un accord contraignant au plus tard en 2013 et le protocole de Kyoto, qu’il s’agit de remplacer, est toujours en vigueur.

Ce qu’il faudrait, c’est obtenir à Copenhague un engagement politique fort avec un objectif chiffré et un calendrier. Et si ce n’est pas ce qu’on avait souhaité au départ, de nouvelles discussions sont déjà prévues à Mexico en 2010.

Photo: Parlement Européen

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Après les engagements américain et chinois, Copenhague sur la bonne voie? Slate #9: Copenhague ne peut pas être un échec

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