A quoi servent les Grenelle si l’on n’en fait rien?

mai 10, 2009 at 3:47 Laisser un commentaire

(Première parution, sur Rue89 – 7 mai 09) Alors que le gouvernement convoque un Grenelle de la mer et un Grenelle des antennes-relais, un retour sur le passé s’impose pour se demander : à quoi vont-ils servir ?

Que sont devenus le Grenelle des animaux, le Grenelle de la chasse, le Grenelle des micro-centrales hydro-électriques… Et quelles suites ambitieuses et courageuses ont été données au Grenelle de l’environnement ?

Il y avait une première marche à gravir, celle de la discussion et de la concertation. C’est chose faite. La seconde, celle de la mise en œuvre des décisions, est manifestement presque impossible.

Pour ceux, de droite comme de gauche, qui parlent de croissance verte de façon incantatoire sans comprendre vraiment les enjeux écologiques et leur urgence, ces Grenelles permettent d’afficher de bonnes intentions sans changer notre modèle de développement et les politiques qui le déclinent.

J’écrivais en octobre 2007, au moment du Grenelle de l’environnement, dans une tribune publiée sur Rue 89 : « A ce stade rien n’est gagné, rien n’est perdu. » En avril 2009, soit un an et demi après les tables rondes finales, il est encore difficile de tirer un bilan du Grenelle.

On ne dit plus concertation, on dit Grenelle

Il serait malhonnête de dire qu’il ne s’est rien passé, mais il est réaliste et pragmatique d’affirmer que rien n’a véritablement changé. La seule chose qui a peut-être évolué, c’est la rhétorique : aujourd’hui, on ne dit plus « concertation entre les acteurs concernés », on dit « Grenelle de… ».

Fervente partisane du développement des instruments de démocratie participative, je ne fais preuve d’aucune naïveté et suis particulièrement consciente que le consensus n’est pas toujours possible entre les différentes parties au dialogue.

Mais qu’est-ce qui explique que les arbitrages nécessaires penchent si souvent du côté des intérêts économiques des plus puissants ? Qu’est-ce qui explique que, lorsque le compromis a été atteint, comme c’est le cas pour les conclusions du Grenelle de l’environnement, quelques lobbyistes aient gain de cause auprès des représentants de la Nation au Parlement ?

A quoi sert un exercice de concertation si les relais politiques rechignent à suivre le tempo pour céder à leurs vieilles habitudes et attitudes conservatrices ?

Peut-être que ma lecture des conclusions du Grenelle de l’environnement est inexacte mais il me semble pourtant bien que l’esprit qui nous a tous animés alors n’aurait pas du permettre au Premier ministre et au ministre de la Relance d’adopter un plan de relance par le bétonnage, infrastructures routières, le troisième régime ICPE, qui facilite l’installation des sites industriels dangereux, ou encore l’étalement urbain.

Et je n’ai pas entendu les partis d’opposition majoritaire s’en offusquer. Hélas.

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